Régulation de la situation des parents au programme de la semaine

Cette seconde semaine de présence en Colombie a été marquée par différents évènements : la régulation de notre situation, la rentrée en uniformes, les premières grèves scolaires et nos premiers biscuits 😉

Lundi, comme évoqué dans le précédent article, nous avons accompagné les enfants pour la première journée avec les uniformes de l’école. Pour nos enfants, le lundi sera la seule journée où les 3 enfants auront l’uniforme officiel car les 4 autres jours, au moins un des enfants portera l’uniforme de sport, toujours floqué aux couleurs et emblème de l’école.

Baptiste terminant les cours à 12h et Pierre et Apolline à 13h, nous profitons de cette heure avec Baptiste pour réaliser des courses ou flâner dans les rues. Cette semaine, c’était photo en uniforme pour Baptiste afin d’en fournir 3 pour le dossier scolaire.

Mercredi, grosse journée pour nous puisque nous avons dû aller à Bogota pour faire apposer notre visa sur le passeport. Le départ étant programmé à 4h20 de la fondation, nous avons fait dormir les enfants dans un dortoir de la maison des enfants afin qu’ils puissent être gérés le matin par les sœurs avec les autres enfants. Départ de Villa de Leyva à 5h par le bus Libertadores en direction de Bogota. Nous en profitons pour finir notre nuit et découvrir les paysages sur la route montagneuse qui nous conduit vers la capitale du pays. Ce qui est difficile pour Anne est de laisser nos enfants à des personnes de confiance et en même temps que les enfants connaissent depuis peu. Nous avons donc demandé que nos enfants soient accompagnés sur le chemin de l’école. C’est à la fois, faire confiance en nos enfants, aux personnes qui les entourent.

Nous arrivons au terminal nord de Bogota vers 7h30 où l’altitude (2650 mètres) nous impose de porter un gilet pour une fois. Nous pouvons constater les embouteillages qui existent à Bogota (Le jour de notre arrivée, c’était une journée sans voiture à Bogota et nous avions déjà trouvé que la circulation était déjà importante avec uniquement les taxis, bus et camion). Et encore, il faut vous expliquer qu’à Bogota une règle a été mise en place : les véhicules des particuliers ne peuvent rouler qu’un jour sur deux : les plaques finissant par un chiffre pair un jour et les plaques impaires le lendemain.

Nous empruntons ensuite le TransMilenio, genre de Busway, qui dispose des voies centrales réservées pour traverser toute la ville. Comme à Paris dans le métro aux horaires d’embauches, les bus sont pleins à craquer. Nous descendons quelques arrêts plus tard pour rejoindre la migration colombienne. Sur le chemin nous rencontrons pléthores de marchands dans la rue : Jus de fruits, chips, cirages de chaussures, chaussettes, installations de protections d’écrans de téléphones… Elisabeth nous explique que ces ventes sont maintenant interdites dans les rues mais que c’est plus ou moins appliqué. A Villa de Leyva par exemple, c’est complètement appliqué, aucun marchand ambulant n’est présent dans les rues.

La migration se trouve dans la Calle 100. Contrairement à la France, et comme aux Etats Unis, les rues sont nommées par des numéros. Nous avons donc des « Calle » dans un sens et les perpendiculaires s’appellent les « Carrera »

Au bâtiment de la migration, nous prenons notre ticket pour attendre notre tour. Une heure plus tard, c’est à notre tour. En 2 minutes chrono, notre visa est apposé sur le passeport et nous pouvons repartir vers Villa de Leyva. Nous reprenons l’ascenseur pour descendre et remarquons une autre particularité : en Colombie le RDC n’existe pas, ils l’appellent le niveau 1.

Nous reprenons les Transmileno pour quelques rues car nous devons passer récupérer un colis laissé à Bogota lors de son arrivée de France par une sœur qui allait dans une autre cité de Dieu. Le colis est chez un ancien frère de la fondation où nous habitons qui a arrêté son noviciat pour revenir dans la vie civile. Il est maintenant responsable d’un centre d’accueil pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Nous en profitons pour visiter les lieux, prendre un café et écouter ses débuts dans le centre où il nous explique que l’ancienne directrice est partie avec les pensions des résidents provoquant des problèmes financiers.

Nous repartons vers le Terminal Nord pour prendre notre ticket de bus avec une vue sur les montagnes où les maisons sont colorées. Nous avons vu 2 flancs de montagne comme ceux-ci, à priori des lieux jolis de loin mais où nous touriste nous devons éviter d’aller.

Une heure d’attente nous permet de prendre notre repas dans un fast food. Retour au terminal pour attendre notre bus, nous pouvons constater que tous les bus au départ sons scellés par un autocollant. Sœur Elisabeth n’avait jamais vu ceci, nous en déduisons qu’ils ont mis ceci en place pour essayer de réduire toute la corruption qui existe dans les transports.

Nous montons dans notre bus, une fois scellé comme les autres nous prenons le départ. 100 mètres plus loin, une voiture nous attend. Le bus s’arrête, le chauffeur ouvre la porte, la scellée est détruite… Nous chargeons un colis long de 4 mètres dans l’allée centrale et le chauffeur prend ses 30000 pesos de commissions… Nous repartons et 300 mètres plus loin, nouvel arrêt pour prendre 2 personnes qui paieront elles aussi une commission au chauffeur à leur descente. Nous prenons la route vers Villa de Leyva mais une heure plus tard, nous sommes à l’arrêt sur la 4 voies. Nous attendrons 1h30 sur place, un bus étant couché sur la route 3 Km plus loin. On en profite pour regarder le film « Gratte-ciel » et le chauffeur en profite pour faire monter un marchand ambulant avec son panier de soda, gâteaux et chips… et bien sûr prendre une petite commission au passage 😉 Après 5h de trajet, nous rentrons à la maison, une journée passée pour un rdv de 2 minutes. Avec la fatigue et une prise de conscience de la dangerosité des routes, surtout de la manière dont les conducteurs roulent (voie de gauche ou droite, doubler à tout va…), nous rentrons vannés et peu rassurés sur les moyens de transport. Nous rappelons que la vitesse maximale autorisée en Colombie est de 80 km/h…

Jeudi, les enfants restent à la maison puisque les profs des écoles sont en grève. Pour le gouter, nous fêtons les 5 ans de la petite Valentina et les 19 ans de Laura, la collègue d’Anne à la crèche. Nous en profitons pour demander à frère Emmanuel de nous prendre rendez-vous pour le lendemain à la migration de Tunja afin de nous faire faire une carte d’identité, obligatoire y compris pour les étrangers.

Vendredi, nouveau jour de grève pour les enfants. De notre côté, nous filons vers Tunja, le chef-lieu de la région de Boyaca où nous habitons. C’est à 35km de Villa de Leyva et nous y allons en bus car le Vendredi la voiture de Sœur Elisabeth n’est pas autorisée. Contrairement à Bogota où les voitures ont le droit un jour sur deux en semaine (plaque paire et impaire), à Tunja 2 numéros sont interdits par jour (Le vendredi les plaques terminant par 0 et 1 sont interdites). Tunja est à 2900 mètres d’altitude, compte 200 000 habitants et est aussi très polluée.

Nous arrivons à l’heure à la migration et la dame nous dit que nous n’avons pas rempli le dossier en ligne… Pourtant, le mercredi frère Emmanuel nous avait dit que nous n’avions rien à faire de plus. Bref, nous repartons et cherchons un cyber café pour faire les démarches par internet. Nous en trouvons un à quelques rues pour 1200 pesos de l’heure (33 cts d’euros). Nous réalisons les démarches pendant que les professeurs manifestent dans la rue pour leurs conditions de travail et salaires. Nous retournons ensuite à la migration avec notre dossier complet. Une photo, nos empreintes digitales et une signature plus tard, c’est validé nous aurons dans 5 jours notre « Cedula » à venir chercher bien sûr, les envois de courriers étant presque inexistants et chers en Colombie. Il restera maintenant à faire la même procédure pour les enfants, visas et Cedula. Nous sommes pour le moment en attente de l’administration française.

Le vendredi soir, notre chargé de mission Bernadette Caffier de la DCC est venue nous voir. Après avoir passé 15 jours en Argentine, elle passe actuellement une semaine en Colombie pour prospecter des nouveaux partenaires pour de futurs volontaires. Le lendemain, au petit déjeuner Bernadette nous offre des produits français pour le bonheur des enfants et parents : saucisson, foie gras, pâte à tartiner et poster géant de Paris à colorier ;).

Nous avons passé des temps d’échange avec Bernadette qui connait bien le pays et les volontaires. Elle nous a permis de nous poser des questions, de prendre de la hauteur et aussi de nous conseiller sur les temps en famille à ne pas négliger et de trouver notre rythme. Ce temps de suivi par la DCC est bien tombé car cela m’a fait du bien de discuter de notre quotidien.

Le samedi, nous profitons de l’après-midi pour cuisiner avec les enfants. Au programme : biscuits sablés pour le soir car nous recevons toutes les communautés de la fondation et lasagnes pour le dimanche car nous avons pris notre tour pour la cuisine car il n’y a pas de cuisinière le dimanche. Les 80 biscuits en forme de papillon, lion, éléphant et chouette sont tous partis, très appréciés.

Le dimanche, nous complétons le repas de lasagnes avec un jus de maracuya. On a super bien mangé 😉 Nous discutons aussi avec Domitille qui est une volontaire ergothérapeute envoyée par Fidesco (Organisme identique à la DCC) sur Bogota. Elle passera 2 jours ici avec son ami. Nous lui demandons de nous mettRe en relation avec une famille volontaire Fidesco qui est en mission à Bogota depuis septembre avec 4 enfants, ce qui nous permettra de faire du lien.

Le weekend sera marqué par un temps particulier : orages et pluies qui permettent de radoucir les températures, de faire des fuites dans les bâtiments, des piscines par terre…

Plusieurs difficultés cette semaine-ci, nous comprenons que Apolline et Pierre sont dans des classes avec les enfants qui ont un an de moins. En même temps, Pierre doit beaucoup écrire ce qui est écrit par la maîtresse au tableau. Nous pensons que pour Pierre, il serait bien qu’il reste dans la même classe. Pour Apolline, qui se retrouve à découvrir les lettres et les chiffres 0 et 1, cela l’amène à de l’ennui et aussi beaucoup de pleurs le soir et le matin. Elle exprime aussi qu’il y a énormément de bruit en classe surtout quand la maîtresse laisse la classe, à ce moment-là, c’est même des bagarres et des objets qui volent en classe. La sensibilité d’Apolline l’amène à pleurer lorsque le bruit est insupportable. Les soirs de veille d’école, Apolline s’endors d’épuisement en pleurant dans les bras de maman et en répétant qu’elle ne veut pas retourner à l’école. Elle pleure aussi de plus en plus sur les trajets le matin. Nous pensons qu’il serait bien de proposer au coordinateur qu’elle monte d’une classe pour au moins résoudre l’ennui et le sentiment qu’elle régresse. Nous trouvons que le niveau en langue locale est assez bon, en anglais surtout. Malheureusement, nos petits matheux sont malheureux car le niveau est très bas. Apolline et Pierre sont plutôt contents de continuer les cahiers Litchi et Picbille de l’école française.

Nous devons aussi gérer la fatigue de chacun et cela se traduit par des prises de bec et des manières de parler qui nous échappent entre tous les 5. Je (Anne) redemande en permanence de repenser à notre communication et d’y ajouter beaucoup de douceur car dans ces moment-là… l’agressivité est très présente.

Nous devons également faire face à notre gestion de temps : Anne se sent très accaparée physiquement par ses journées à la crèche (7h15-15h45), puis de gérer le soir à la maison quand je suis encore sur ma mission avec les enfants de la fondation : les devoirs, le linge, le ménage, le repas du soir… Il nous faut du temps pour nous caler mais cela demande de bien exprimer les besoins de chacun. Anne demande aussi des temps en famille et mais de mon coté ma mission m’impose des horaires différents de ceux de Anne. Nous devons donc bien exprimer nos raisons de notre projet, revenir aux fondements pour ne pas perdre de vue le pourquoi de notre départ. Anne n’a pas encore assez d’énergie pour proposer le weekend des activités avec les enfants de la fondation mais essaye plutôt de se ressourcer auprès de nos enfants.   

Je (Anne) ressens aussi le besoin de temps un peu seule car je suis en permanence entourée. J’aimerai aussi tellement progresser plus vite en espagnol que je me retrouve frustrée de ne pas pouvoir converser avec mes collègues et les parents des enfants de la crèche.

Nous savons également que les enfants présents dans la fondation ont un parcours et un contexte familial difficile (Violence physique et sexuelle, promiscuité dans leur habitation qui comporte pour la plupart qu’une seule pièce pour 4 ou 5). Nous commençons à en parler avec les enfants. Nous nous questionnons toujours jusqu’où nous pouvons aller dans les conversations puisque nos enfants aussi sont parfois témoins de situations liées aux autres enfants (colères, gestes de comportements…).

C’est aussi ces difficultés-là qui font parties du projet, c’est surtout la manière de les aborder. Le résultat est surtout de se sentir bien et d’être tolérant au rythme de chacun.

C’est (enfin) la rentrée

Arrivés jeudi 6 février à Villa de Leyva, les enfants ont pu faire une pré-rentrée vendredi 14 février. Retour sur cette semaine riche en rebondissements.

A la fin de l’année scolaire dernière à savoir au début du mois de décembre (l’année scolaire en Colombie se déroule de fin janvier à mi-décembre) sœur Elisabeth avait rencontré le coordinateur de l’école à deux reprises pour lui expliquer que nous aimerions scolariser les enfants dans l’école. Ce dernier lui avait dit qu’il n’y avait aucun problème et nous partions donc très confiants à notre arrivée.

Vendredi 7 février, nous sommes donc allés dans l’après-midi à l’école pour rencontrer ce coordinateur mais il n’était pas présent, en déplacement dans une autre école car il est aussi coordinateur pour les écoles alentour présentent dans les montagnes.

Lundi 10 février, nous partons confiants avec les enfants, sac sur leur dos à l’école pour l’ouverture de l’école à 6h50. Nous rencontrons le coordinateur qui nous indique qu’il faut finalement rencontrer le directeur pour discuter de la situation. Nous filons donc au collège à coté où se trouve le directeur du groupe scolaire « Antonio Ricaurte ». Nous profitons de l’attente dans le couloir pour regarder ce qui se passe dans la cour ce lundi matin. Les élèves sont présents en uniformes classique ou de sport, en rang par classe avec les gars dans une file et les filles dans l’autre. On assiste à 3 différents hymnes chantés en même temps que la montée des drapeaux : l’hymne de la région de boyaca, l’hymne de la ville de Villa de Leyva et l’hymne de l’école.

Le directeur nous reçoit ensuite mais nous comprenons qu’il ne sait pas quoi faire de notre demande d’inscription si particulière, nous français dans une école locale de Colombie… Sœur Elisabeth insiste et le directeur nous demande de laisser les photocopies de passeports et carnets de vaccinations qu’il puisse se renseigner auprès de l’académie.

Mardi 11 février, le directeur qui devait nous rappeler ne nous appelle pas.

Mercredi 12 février, sans nouvelles nous nous dirigeons au retour de Tunja avec Anne et Elisabeth vers le collège pour voir le directeur. A notre arrivée il était en réunion mais nous campons devant la porte pour attendre la fin de la réunion. Dès sa sortie, nous finissons par avoir un échange mais il souhaite que le coordinateur soit aussi présent. Nous attendons donc une demi-heure pour attendre l’arrivée du coordinateur et faire la réunion tous les 5.

Pendant la réunion, nous comprenons qu’ils ont des craintes de leurs côtés sur la possible adaptation de nos enfants dans une classe où les cours sont en espagnol. Effectivement, contrairement à l’Europe où tous les pays ont des langues différentes, ici en Amérique latine tous les pays parlent espagnol (sauf le brésil, portugais) et donc les enfants qui arrivent du Venezuela par exemple par la même langue. Ils avaient peur que les maîtresses soient en difficulté (alors que nous étions dans le même état inversé).

Nous les rassurons donc sur la rapidité d’apprentissage de la langue par nos enfants, tous les témoignages des familles parties à l’étranger avec lesquelles nous avons échangées allaient dans le même sens : les enfants parleront espagnol correctement en 3 mois.

Avec cet acharnement, nous recevons finalement le dossier d’inscription. Ouf !

Le mercredi après-midi, nous avons donc constitué le lourd dossier d’inscription. Il a fallu photocopier tout un tas de documents pour justifier de l’état civil de nos enfants et également les attestations de la scolarité antérieure. En effet, avec l’arrivée massive des vénézuéliens, les écoles n’acceptent que les enfants justifiant d’un état civil. Les enfants ont dû aussi aller dans un laboratoire pour déterminer leur groupe sanguin (qui ne s’est pas fait sans pleurs) et aussi faire un certificat médical et dentaire chez un docteur. Nous sommes passés par un médecin privé pour accélérer les papiers. Le mercredi soir, le dossier était complet.

Jeudi matin, nous filons comme demandé chez la secrétaire pour déposer le dossier. Il est refusé car pas signé par le directeur, ce dernier n’étant pas là aujourd’hui. Retour donc à la maison une nouvelle fois avec les enfants pour l’école buissonnière.

Vendredi, même combat, nous retournons avec Sœur Elisabeth et les enfants à l’école pour 7h pour retenter l’entrée. Nous rencontrons le directeur dès la porte de l’école et montons à son bureau. Euréka, le dossier est complet, le directeur signe les dossiers et nous souhaite la bienvenue en nous parlant de vélo et du français Julian Alaphilippe présent en ce moment pour le tour de Colombie qui se déroule dans notre région de Boyaca du 11 au 16 février.

Nous filons donc voir le coordinateur à l’école primaire qui nous accueille chaleureusement vers 9h. Les enfants sont ainsi présentés à leur classe pour y rester la matinée. Non sans appréhension des enfants (et surtout de leur maman), les enfants démarrent l’école.

Baptiste est présenté en premier à sa classe. Une rapide petite larme d’appréhension et c’est parti par un cours de sport. Sa maitresse porte un micro, ça fait plus de bruit pour entendre nous dit Baptiste.

C’est ensuite Pierre (avec appréhension aussi) puis Apolline qui découvrent eux aussi leur classe, leur maitresse et leurs camarades tous en uniformes.

A midi, avec Anne, nous partons chercher Baptiste à l’école qui termine avec le sourire. Il dit avec très bien mangé, il a fait du sport et revient avec une feuille de dessin en devoir.

Nous attendons 13h pour la sortie de Pierre et Apolline. Ils arrivent enchantés de leur matinée. Apolline a fait plusieurs lettres dans sa classe, dit avoir bien suivie et est très contente. Pierre a été placé tout devant à côté du petit frère d’Alejandro qu’il connaît et est aussi rassuré de son environnement. Ils ont également apprécié de manger à la cantine (riz/poulet/bananes cuites/légumes/jus de mûres).

Après l’achat des uniformes et des fournitures le weekend, ce lundi 17 février c’est la rentrée en uniforme. C’est parti pour l’année scolaire qui se terminera mi-décembre.

Une première semaine de découvertes

Le vendredi de notre arrivée, nous déballons nos moult valises et sacs. Nous passons du temps avec les enfants pour qu’ils décorent et s’approprient leur chambre (merci aux dessins des copains et copines ainsi que les photos données avant le départ).

Nous mangeons le midi avec Sœur Elisabeth et Carolina et nous nous approprions les lieux en visitant le jardin d’enfants, la crèche, les communautés, les maisons de retraite, la ferme des animaux… Le soir nous remangeons avec les sœurs malgré la fatigue qui tombe sur les enfants.

Place Mayor

Le samedi, nous décidons d’aller découvrir le centre-ville et sa superbe place pavée, la Plaza Mayor. Nous continuons jusqu’au marché et découvrons des superbes étals de fruits de toutes les couleurs. Cette première marche nous rappelle que nous sommes bien en altitude (2150 mètres) et que nous devons nous acclimater à la chaleur car nous nous sentons bien vite fatigués. Nous passons le reste de la journée à nous reposer et le soir, nous sommes présentés au repas collectif hebdomadaire de la Fondation.

Le dimanche, nous assistons à la messe de la Fondation qui n’est pas si longue que cela (40 minutes). Nous goutons à la sortie de la messe les empanadas au fromage et à la viande cuisinés par les sœurs dès 4h du matin. Le midi nous mangeons avec tous les enfants présents de la maison des enfants (enfants qui y habitent et ceux qui passent le weekend car leurs parents travaillent). Nous tentons une balade vers des jeux extérieurs et nous goutons à la 1ère pluie qui permet de poser toute la poussière accumulée par le passage des véhicules dans les chemins.

La première semaine à Villa de Leyva a vu le démarrage pour Anne de sa mission à la crèche (Sala Cuna) avec l’aide de Pierre, Apolline et Baptiste. Ma difficulté à communiquer, la fatigue physique qui s’est accumulée et l’adaptation au climat ont fait que j’ai terminé vendredi bien bien fatiguée.

Le mercredi, Joss, Sœur Elisabeth et moi-même partons à Tunja, le chef lieu de la région Boyaca pour faire notre carte d’identité colombienne, notre Cedula. Malheureusement, nous n’avons pas encore fait tamponner notre visa à Bogota et donc nous faisons un aller et retour pour rien. Nous avons cependant pu profiter du paysage dont de belles coupes dans la montagne qui décrivent les failles qui amènent à des mouvements de terre.

De son coté, Josselin avec Sœur Elisabeth a passé une bonne partie de la semaine dans les démarches administratives pour l’inscription des enfants à l’école. Les premiers travaux de la mission ont été manuels : Installation d’étagères au magasin de vêtements, plantations d’arbres, modifications de meubles, … Les enfants n’étant pas à l’école, il a aussi fallu passer du temps avec eux et les occuper, que ce soit avec maman à la crèche ou papa dans ses travaux.

Le vendredi, les enfants ont enfin pu faire une pré rentrée scolaire (On vous en dit plus dans un prochain article). Au retour, Josselin et les enfants participent au pot de départ de la cuisinière Rosa présente depuis 6 ans avec les sœurs de Bethleem.

Le samedi est dédié à l’achat de toutes les fournitures (dont des maracas, papier toilette, crayons pour les maîtresses, cirage pour le sol…) et les uniformes. Nous profitons de cette journée pour appeler en France. Nous prenons des nouvelles de nos petites boules de poils qui sont restées chez papi et Mamie. Un petit dessin animé en français nous fait du bien et nous partons le soir pour le rituel du repas collectif de la Fondation. Cette fois-ci nous mangeons mexicain : Galette de maïs, haricots rouges et oignons.

Le dimanche, nous assistons à la messe, faisons les devoirs avec les enfants. Apolline arrive à rattraper tout le retard de 2 semaines en faisant tout toute seule. Pierre a besoin de traduire pour expliquer son cours sur les règles de la vie en communauté. Les enfants se testent à mettre l’uniforme et mettent leurs nouvelles chaussures pour s’y habituer, une nouveauté pour les garçons qui n’ont porté que des baskets à l’école en France.

Sœur Marie-Thèrese, sénégalaise, est la 3ème sœur de la communauté de Bethleem. Elle est revenue mardi de France et nous a préparé avec les enfants le repas de ce dimanche midi.

Les enfants passent leur après-midi à construire des avions en papier avec Alejandro.

Les enfants sont plutôt contents de leur semaine, le fait d’avoir été à l’école vendredi a permis de se faire une idée et de surtout rassurer tout le monde sur le bien-être de nos enfants à l’école. Il restera le trajet à faire l’aller et retour à pieds en souliers, où il faut traverser un pont en bois et des carrefours très fréquentés le matin par les voitures et 2 roues. Josselin va assurer l’accompagnement des 30 minutes de trajet.

Nous commençons à prendre le rythme. J’ai (Anne) aussi pu discuter avec Sœur Elisabeth sur ma journée de vendredi et aussi sur le changement de rôle dans notre famille où Joss est plus présent avec les enfants ce qui m’a beaucoup déroutée.

Nous privilégions les pantalons même s’il fait chaud car les moustiques raffolent de nos gambettes. Avec Apolline, nous nous protégeons beaucoup du soleil car il est bien présent tous les jours.

Nous ne nous couchons pas trop tard, car réveil à 5h50 pour les enfants et départ 6h30 pour l’école.

En route vers Villa de Leyva

Mercredi 5 février, nos parents respectifs sont arrivés à la maison, ce seront nos taxis pour aller jusqu’à l’aéroport. Nous finissons les bagages, les dernières pesées sont faites, nous ne dépassons pas les 23kg et le chargement est alors fait dans les coffres, afin de rassurer les papis sur le volume des bagages qui rentre bien dans 2 coffres.

Jeudi 6 février, le réveil est programmé à 3h15 pour une journée qui s’annonce longue vers notre futur lieu de résidence pour l’année à venir : Villa de Leyva en Colombie.

A 4h, nous prenons la route vers Nantes où nous entendons résonner dans le hall vide de l’aéroport une chanson bien connue : tttttttttuuuuuuuuuu …… (Anne qui dit à Pierre : « Tien c’est un air qui me dit quelque chose juste avant de se retourner… »)

Nos amis de l’IST, Guillaume, Manuel et Simon sont venus nous dire un « Au revoir » à 4h du matin, merci les copains.

Après une dépose des 6 valises en soute au comptoir à bagages, nous en profitons pour prendre un dernier café et des viennoiseries françaises avec parents et copains.

L’heure approche, nous nous saluons une dernière fois avant de partir chacun de notre côté : Nous vers la Colombie, nos parents vers la Vendée et nos amis vers leurs travails, surement pas en retard ce jour-là !

Embarquement porte 53, le bus nous emmène vers le premier avion qui nous envolera vers Amsterdam. Ce premier vol permettra de continuer la nuit pour certains. A peine deux heures plus tard, nous voici dans l’énorme aéroport d’Amsterdam ou nous déambulons pour chercher notre porte d’embarquement puisque nous n’avons qu’une heure de correspondance.

Nous marchons vers la porte F7 où à notre arrivée nous voyons sur l’écran de la porte ainsi que sur le SMS reçu que l’embarquement est transféré porte E5. Demi-tour dans le terminal, tapis roulant pour aller plus vite nous filons vers la porte E5 où à notre arrivée, nous voyons des agents de sécurité nous dire que l’embarquement était porte F7……. Effectivement, nouveau SMS Air France nous indiquant la porte F7… Bref, demi-tour, nous accélérons pour retourner porte F7 où l’embarquement venait de commencer. Nous prenons place dans le Boeing 787-9 pour 11h de vol.

A bord, les petits et grands ont pu s’adonner à Angry Birds, prendre le premier repas, puis le gouter, puis les collations, et encore le 2ème repas… Pas affamés du tout, nous atterrissons à l’heure à Bogota où nous pouvons admirer les montages et paysages à l’arrivée.

A la descente, direction la douane pour notre entrée sur le territoire colombien. Avec les visas électroniques pour les parents, le passage est un peu long. Nous allons ensuite récupérer les valises et surprise, les chariots sont à disposition seulement si nous avons des pesos… mais « no pesos »… on négocie pour 2euros un chariot pour notre montagne de sacs.

A notre arrivée, nous sommes accueillis par Fabiola qui nous avait réservé un taxi pour rejoindre notre lieu de résidence. Journée exceptionnelle à Bogota puisque cette journée-là, la ville est interdite à toutes les voitures, uniquement les taxis et transports en commun peuvent rouler. Nous arpentons les rues pour sortir de la ville en se disant qu’une journée normale doit vraiment être compliquée en circulation tant le nombre de véhicules est important en ce jour de restriction. Nous déposons ensuite Fabiola chez elle dans un quartier de Bogota avant de prendre la route pour 180km soit 3h de route.

En route, nous pouvons découvrir les « favelas » de couleurs, les vaches attachées sur le bord des routes, les gens portant les ponchos, les routes plus ou moins droites….

Nous arrivons à Villa de Leyva vers 19h, surpris par le contraste que la ville laisse apparaitre par rapport à toutes les villes que nous avons traversées depuis 3h : un alignement d’hôtels et Spa pour touriste.

Nous empruntons la route pour rejoindre la Fondacion Sainte Thérèse et arrivons devant une route barrée. Après un appel auprès de Sœur Elizabeth, nous empruntons la déviation pour arriver 10 minutes plus tard au logement.

Nous sommes accueillis chaleureusement par les hôtes : Sœur Elisabeth, Sœur Carolina et les enfants qui y habitent. Nous déchargeons le minibus bien rempli par nos valises, découvrons et investissons rapidement notre maison avant de partager le repas à 19h30 bien fatigués. Nous terminons rapidement pour rejoindre nos chambres. Il est 21h soit 3h du matin en France, nous avons fait 2 fois le tour de la pendule. Nous éteignons les lumières. Buenas noches.

Le Nainportequoi

Quelle bonne idée !!! Nos amis de l’IST nous ont offert à l’occasion de notre fête de départ le 11 Janvier dernier ce nain de jardin surnommé le « Nainportequoi »…

Notre mission si nous l’acceptons… (en fait nous n’avons pas eu le choix), est de faire voyager ce compagnon en Colombie avec nous à l’instar du nain dans le fabuleux destin d’Amélie Poulain

Notre 6ème membre de la famille est donc en route avec nous pour la Colombie, juste un détail pour lui il voyagera en valise, bien entouré par les 3 couvertures des enfants histoires qu’il n’arrive pas en miette à destination.

Notre mission pour les 12 prochains mois est donc de prendre des photos de notre périple avec le nain mais surtout, nous devons faire une photo par mois où le nain devra être associé sur la photo avec quelque chose dont la première syllabe est le son « COQ », emblème de notre si belle France.

Nous vous sollicitons donc pour nous aider à trouver tout ce que nous pourrions associer en photo à notre nain (Drogue bien entendu interdite !)

Stage de départ DCC à Jambville

C’est avec beaucoup de plaisir que nous partions Josselin et moi pour Jambville le vendredi 19 janvier partageant la voiture avec Salomé et Noëlie, deux volontaires en direction de l’Asie vers les philippines et l’inde. A l’arrivée, nous avons découvert le très beau site du Centre National de formation des Scouts et Guides de France.

Répartis en groupe par continent, nous faisons rapidement connaissance avec les volontaires d’Amérique Latine et Proche Orient. Les modules se succèdent: approfondissement de la fiche de mission, module santé, sécurité, géopolitique, église et religions locales, société et culture… de quoi bien nous préparer au départ.

Puis les enfants sont arrivés grâce aux grands parents le mercredi soir. Les liens entre tous les enfants se sont naturellement faits. Dormir dans un château, prendre part à la vaisselle collective ont ajouté beaucoup d’excitation. Trois formateurs ont ainsi pris en charge la journée les enfants en partance pour le Tchad, le Sénégal et la Colombie pour nos enfants. Après avoir exprimé leurs craintes, les enfants ont rapidement investi les modules d’interculturalité, interview des parents, cuisine locale des futures pays, recherche des animaux par pays, chansons locales… du pur bonheur de les voir épanouis et enthousiastes de parler de leur départ à l’étranger.

Après 9 jours intensifs, nous terminons par les soirées de présentation des pays qui restera juste mémorables dans tous les esprits tellement le rire était présent et le lendemain par la soirée festive avec les volontaires de réciprocités.

Dernier jour, samedi matin… bien fatigués, nous entamons notre dernier temps spi avec beaucoup d’émotion puis la messe d’envoi pour enfin partir chacun vers sa mission, son pays.

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