Le confinement pour nous se passe vraiment toujours très bien. Le lieu est vraiment propice à vivre enfermé car nous avons beaucoup d’espace pour permettre de jouer, de faire du sport, de vivre tantôt tous ensemble et tantôt en famille.
Il est vrai que la météo est vraiment sympa et nous permet de faire beaucoup de chose. Il pleut parfois par pluie d’orage et la plupart du temps la nuit donc c’est cool. Par contre les journées sont assez courtes car le soleil se lève globalement à 6h et se couche à 18h, ceci toute l’année.

Le confinement se durcit
Nous vous avions déjà parlé des mesures prises par le gouvernement pour fermer toutes les frontières. Ici à Villa de Leyva, le maire à pris encore plus de décisions radicales pour éviter que le virus n’arrive. Toutes les frontières de la ville sont verrouillées afin que seuls les véhicules nécessaires ne passent (santé, alimentaire, etc…). Ces véhicules sont d’ailleurs pulvérisés lors des contrôles d’entrée.

De plus, les parcs et les rues sont eux aussi pulvérisés afin de tuer le virus si jamais il est présent ici.

En ville, le maire à pris d’autre décision notamment pour les sorties des personnes. Dorénavant, les gens ne peuvent sortir que 1 jour dans la semaine et 1 jour le weekend en fonction du dernier numéro de sa carte d’identité. Par exemple, la mienne (Joss) termine par un 6, je peux donc sortir le mercredi faire les courses de la fondation ainsi que le samedi ou dimanche selon les semaines (le samedi matin jour de marché, tout le monde peut sortir et donc à éviter car c’est la foule).

Et regardez les sanctions si vous êtes pris dehors un jour auquel vous n’avez pas le droit… 1 million de pesos et de 4 à 10 ans de prison… On vous ment pas, on respecte le règlement !
Les rameaux fêtés entre nous, présents à la fondation
Ce dimanche, nous avons fêté dans la Chapelle les Rameaux en petit comité, les messe étant bien entendue interdite à toutes les personnes étrangères de la fondation. C’était une messe différente des autres avec de nouveaux chants vraiment très jolis pour marquer le début de la semaine sainte, semaine qui sera ici comme dans le monde bien différente des années passées. A noter qu’ici en Colombie, ce sont le jeudi et le vendredi précédant le weekend de pâques qui sont fériés alors qu’en France c’est le Lundi de Pâques.


Les conséquences du confinement
Lors de la sortie mercredi en ville pour les courses, je constate que les rues sont vides, les magasins non alimentaires sont fermés et même certains magasins alimentaires (comme nos magasins habituels de pains et de fruits).


Pour ceux restant ouvert, c’est la ruée et les queues interminables dehors car ils font rentrer les gens au compte goute avec désinfection des mains et des chaussures.


Ici, nous recevons des dons et faisons des dons…
Villa des Leyva est une ville très touriste et encore plus qu’ailleurs, la ville vit du tourisme. La ville compte environ 18000 habitants et compte 300 hotels et 300 restaurants… Oui, oui, les chiffres nous ont été communiqués par la mairie. Autant vous dire qu’en ce moment tous ces lieux sont fermés et encore pour de nombreuses semaines. Il en résulte que beaucoup de gens n’ont plus de travail dans la ville, directement ou indirectement touchés par cette absence des touristes.
Les nombreux agriculteurs et maraichers présents dans les montagnes et plaines alentours ont aujourd’hui beaucoup de mal à vendre leurs marchandises car les hôtels et restaurateurs n’ont plus de besoin. De la même manière, les gens ne travaillant plus et même si le gouvernement promet beaucoup d’aide aux familles colombiennes les plus pauvres, leur pouvoir d’achat est très amoindri voire quasi nul. Certains maraichers nous font donc à la fondation des dons, préférant nous les donner plutôt que de les mettre à la poubelle.
A l’inverse, A la fondation, nous avons dorénavant tous les jours des personnes qui viennent et attendent devant le portail pour réclamer de l’aide. Les frères et soeurs préparent donc les colis alimentaires pour donner à ces personnes pour qu’elles puissent au minimum se restaurer.

Des activités toujours variées
Ici, le programme est toujours le même pour cette 3ème semaine. Le matin est dédié aux devoirs (sachant qu’ici pendant 5 semaines les écoles n’enverront rien, nous devons tout improviser, quelle chance nous avons en France). Ici, le devoir de Pierre envoyée à sa classe en France où il devait expliquer une journée de confinement.

Les après midi, les activités sont souvent autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, nous essayons de varier le plus possible.




Le foot est une activité très récurrente. Un jour sur deux environ Pierre et Joss font un foot avec les frères et les pères de la fondation. La technique n’est pas forcément très présente mais ca court beaucoup et on fini en sueur… Pierre comme en France aime bien jouer en défense et n’a pas peur d’aller au contact mettant à terre frère Emmanuel.

Il y a aussi des rencontre entre les jeunes de la maison des enfants, les gars contre les filles. Victoire des filles pour cette journée, il est vrai qu’elles étaient 6 contre 2, Pierre et Stiven n’ont tout de même pas démérité.


Un peu de volley aussi, des tours de vélo et de rollers, les journées ne sont pas assez longues selon nos enfants, ils n’arrivent pas à jouer à tout !

A la demande de soeur Marie-Thérèse de faire connaitre les danses françaises aux enfants de la fondation… on a un peu cherché… et puis, nous nous sommes lancés. Nous avons commencé gentillement par « Jean petit qui danse », puis « j’ai un gros nez rouge »… et vite, nous sommes passés à « la chenille », « la danse des canards », « Coton eye Joe », la « macaréna »… on se serait cru à un bal par chez nous il y a quelques années. Les enfants ont bien rigolé, on a un peu transpiré.
Un soir, les frères d’à coté sont venus installer un grand écran avec vidéoprojecteur dans le patio de la maison des soeurs, on se serait cru à la maison en France 😉 Une projection tous ensemble de Fernando avec Pop corn, nous étions ravis.

On essaye aussi de suivre ce que vous vivez en France. Avec le décalage horaire qui est maintenant de 7h avec la France depuis le changement d’heure, nous pouvons regarder le JT de 20h à 13h ici après le repas du midi.

La pâtisserie, comme vous les copains en France
En suivant les réseaux sociaux, on peut voir qu’en France les gâteaux et autres plats maison sont à la mode en ce moment. Ici, c’est la même chose, on cuisine beaucoup pour s’occuper et parce que les Colombiens ne sont pas très dessert et que nous français cela nous manque.


Nos enfants, les amis des animaux
Les animaux sont aussi une très grande chance pour nos enfants.

Croyez bien que maintenant tous les matins ils sont levés à 6h (nous ne démarrons les devoirs qu’à 9h…) pour espionner par la fenêtre et attendre que les frères descendent vers les animaux. Dès que le frère passe devant la fenêtre, les deux grands filent à toute allure en bas. Au programme du matin, donner à manger à tous les animaux, ramasser les oeufs (pas beaucoup le matin, le soir est plus prolifique), amener les moutons à leur lieu de villégiature pour la journée, sortir les oies, … (petite découverte d’une oie qui couve 4 oeufs vers les fils à linge des soeurs… très bien cachée).


Un jour, on à même eu le droit à un appel au secours des enfants pour sauver la maman de Clara et Francisco qui était dans un position bizarre…
Et le rapatriement ?
Ici comme évoqué, on se sent vraiment bien et surtout en sécurité. Notre partenaire la DCC est bien en contact avec nous. Tant que nous nous sentons en sécurité, que notre partenaire local ainsi que la DCC est ok pour que nous restions, nous restons. On voulait avoir une pensée pour la famille Delcour avec qui nous étions au stage de départ qui après tout juste 15 jours de mission au Tchad a été rapatriée en France en raison de l’insécurité qui montait. Nous pensons aussi à Tim, Camille et Manon de notre groupe Amérique Latine qui eux aussi sont retournés en France.
Une grosse pensée aussi à tout les autres qui étaient en attente de leur départ en mission et qui sont maintenant dans l’incertitude la plus totale quant à un départ en mission, peut être en septembre ou bien plus tard…
Et pensée aux autres dans des pays où les mesures prises sont surprenantes. Faites attention à vous.


Partir en volontariat c’est aussi avoir dit au revoir aux proches. C’est aussi apprendre que des amis sont malades et aussi apprendre le décès de ma grand mère (Anne). Le lieu amène au recueillement et le rythme des journées apporte des pensées à vous tous. Prenez bien soin de vous.


































































































































