Grosse pêche cette semaine et début des devoirs colombiens à la maison

L’école colombienne a la maison

C’est donc une nouvelle semaine avec les devoirs à la maison des maitresses de l’école de Colombie. Joss avec les pré-ados de la fondation et moi-même avec nos 3 loulous. Autant vous dire, qu’un gros challenge se présentait à nous (enfin surtout moi qui baragouine 2 mots en espagnol)… gros travail de traduction (merci google trad!!!). Nous recevons par Whatsapp les devoirs de la semaine le dimanche pour Pierre et Apolline et chaque jour pour Baptiste.

Lundi, je suis allé chercher le matin (oulala, 1ère sortie depuis 6 semaines en ville et toute seule), bien équipée de gants et masque, les cahiers d’école de Baptiste et de la petite Valentina au domicile d’une maîtresse. J’appréhendai de sortir toute seule, bien équipée de ma carte d’identité pour tout contrôle… le stress de me faire arrêter pour contrôle de papier et ne rien comprendre de ce que l’on me dit. Bon, finalement, pas de contrôle, bonne réception des cahiers… le tout en 1h30, donc impeccable. Les maîtresses nous informent que le contenu des devoirs sera équivalent en heures de classe… heu… 3 enfants, fois 5 heures… ça fait beaucoup, objectif, s’organiser pour optimiser le temps et condenser. Malheureusement, les premiers jours… les enfants ont bossé… bossé… dès le retour du repas le midi… au boulot. L’organisation d’une journée:

  • 8h-10h travail puis 30 min de pause dehors
  • 10h30-11h30 travail puis 20 minutes de Bayam sur les expériences, découvertes animales, « un jour une question… »
  • 12h repas en commun avec les autres enfants.
  • 13h30 reprise du travail et finir à 15h par un « c’est pas sorcier » qu’ils adorent. (surtout celui des pompiers que Pierre avait vu avec Sylviane 😉

Ca a payé et jeudi soir, nous avions terminé pour pouvoir passer un vendredi tranquille à s’amuser.

Les devoirs de Baptiste sont beaucoup de collages, coloriage, revoir les tracés des lettres, apprendre les membres de l’école, une danse, une chanson… allez, ça, ça se gère bien. Tous les soirs, nous devons envoyer ce qui a été fait dans la journée avec la date et le nom/prénom de l’enfant. Baptiste a reçu de belles félicitations de part la maîtresse en fin de semaine. Ouf! le prescolar… ça passe!

Chants et danses demandés par la maitresse

Les devoirs d’Apolline… mmmmhhhh, à la méthode un peu vieillotte… la mimi a beaucoup, beaucoup, beaucoup écrit… les lettres, les fruits, les animaux… beaucoup de dessins à faire (des maisons, les formes géométriques, des personnages bibliques, des habits en anglais…) et même un poème. Elle a tenu bon et avec persévérance, a terminé son travail. Apolline a aussi reçu des félicitations de son travail! Ouf, première semaine, check!

Pierre, une bonne méthodo de travail par sa maîtresse. Un démarrage bien, il enchaine les matières (dessins techniques de l’évolution des habitats, religion sur la semaine Sainte, distinction des différents noms et là, j’apprends qu’il y a des noms individuels et collectifs… pour faire simple!!!!) pour finir sur le social… et là… on galère! Toute la gouvernance à traduire: municipalité, gouvernement, département, mairie… bon, grosso modo… j’ai compris… j’ai tenté une carte mentale… en faisant simple… explication à Pierrot… qui patauge avec les mots entités, ressources économiques et environnementales… vivi, c’est pas simple. Bref, on bûche ensemble et on répond aux questions. Donc le social nous prend 2 jours, le reste s’enchaîne bien. La maîtresse nous dit avoir bien réceptionné toutes les photos envoyées… pas de commentaire. On imagine que c’est bien.

Bon, nous, nous avons un ordi, une imprimante, du temps, un environnement de travail. Soeur Elisabeth a téléphoné à la directrice pour des questions et elle nous a retourné que beaucoup d’enfants étaient partis chez leurs grands parents à la campagne car pas d’école et vie difficile en ville pour les parents car pas de travail. Il y a donc des enfants qui n’ont pas les infos du travail à faire. Sur 6 semaines de prévues… ça va creuser des écarts de niveau…

Ce qui nous étonne aussi, ce sont les groupes Whatsapp qui ne sont pas fermés et donc tout le monde répond à la maîtresse, la remercie, envoi des photos, des messages vocaux… et c’est donc parfois plus de 100 messages sur chaque groupe par jour, ce qui noie l’info et nous, nous nous y perdons et finalement, nous contentons des devoirs à faire.

De mon coté (Joss), nous nous sommes répartis le travail à 3 avec les pré-ados et plus jeunes de la fondation en fonction des matières. De mon coté aucun problème pour les maths, l’anglais, l’informatique et sciences naturelles par exemple mais un peu plus pour l’espagnol ou la religion, les matières où ce sont des longs textes à lire ou rédiger. Avec Sofia (la collègue de Anne de la crèche) et Liliana (qui enseigne ici, principalement en temps normal avec les vénézuéliens présents ici et interdit d’école en Colombie) nous avons donc organisé notre semaine pour nous répartir les cours.

Avec Valentina la plus jeune c’est assez simple, les devoirs sont les mêmes que Baptiste. Chez les pré ados, ca se complique… Les filles n’ont aucune envie de travailler, se figent face à nous allongées sur le bureau avec une attitude désinvolte. De mon coté, je reste plutôt zen et en réfère à Elisabeth qui est la responsable de la maison des enfants. Les filles se fichent littéralement du travail prétextant à Elisabeth qu »elles ne savent pas faire une addition de 2+3… Le ton monte forcément entre les jeunes et la responsable et s’en suit de la part d’une jeune 1 heure de cris et de frappes dans les murs…

Avec Sofia et Liliana, nous avons demandé une réunion en fin de semaine car personnellement, et idem pour Sofia, je ne pourrai pas travailler longtemps dans ces conditions. Les jeunes manquent de cadres et d’éducation, elles font ce qu’il leur chante sans aucune conséquence de leurs actes. La valeur du travail est très importante pour moi et voir les attitudes pareils peut rendre fou. D’ailleurs, Liliana nous à quitté ce samedi, elle est rentré chez sa soeur et ne reviendra qu’à la fin du confinement, autant vous dire que les semaines suivantes risques d’être sympas si un cadre et des règles ne sont pas rapidement mises en place… car les filles pratiquent avec justesse les mensonges et la manipulation.

La réception de notre colis alimentaire

Mercredi, nous avons été récupéré nos colis alimentaires à l’école. Ces colis sont offerts par le gouvernement colombien qui souhaite continuer même sans école le programme d’alimentation des enfants. Pour rappel, ici l’école et la cantine sont gratuite, le repas du midi étant pour certains le seul repas de la journée.

Nous avons commencé par le collège où Elisabeth devait récupérer le colis d’Alejandro. Après 15 minutes d’attente, Elisabeth s’est vu dire par les personnes qu’Alejandro était rayé des listes car il ne mangeait pas à la cantine…. Il avait pourtant juré le contraire à Elisabeth… La cantine étant gratuite, ils rayent des listes ceux qui ne mangent pas à la cantine afin d’éviter d’avoir trop de perte tous les jours. Les personnes rayées n’ont donc pas le droit au colis alimentaire ce que nous trouvons nous relativement cohérent.

De notre coté, après un contrôle des passeports, une photo et des signatures, nous recevons nos 3 colis pour nos 3 enfants.

Dans le colis, des féculents, des pâtes, du poisson en conserve, de l’huile, des oeufs, du lait en poudre, du sucre, … A priori le colis est pour un mois, nous aurons donc en mai un prochain colis. En espérant que ce soit le dernier et qu’en juin les enfants retournent à l’école.

Les 3 ans de Daniel

Après les 5 ans de Baptiste dimanche, c’était au tour de Daniel de fêter ses 3 ans ce lundi. Lors de sa sortie le matin, Anne à pu rapporter le gâteau « Cars » commandé dans une pâtisserie de la ville.

Daniel, sa soeur Valentina et sa mère Cécilia

Pour l’occasion, quelques jeux avaient étés prévus : 1,2,3 soleil, le jeu de la queue de l’âne les yeux bandés ou encore les chaises musicales. Vous pourrez voir que nos enfants étaient à fond dans l’ambiance car le dernier pouvait commencer à taper sur la pinata…

La belle partie de pêche

Une fois par an, les membres de la communauté vident l’étang pour pêcher tous les poissons et les manger. Donc jeudi matin… on arrête à 9h pour étudier (on sèche la fin de matinée)… la pêche. Les enfants se régalent… participent à la récupération des poissons (et même d’un crapaud). Je me mets à l’écaillage des poissons après qu’ils aient reçu un coup de massue sur la tête. C’est dans une ambiance très sympathique que l’organisation se met en place. Je galère à écailler des poissons qui bougent encore et ça en fait rire plus d’un.

Segundo, l’homme responsable de l’entretien est responsable aujourd’hui du lancé du filet de pêche. Les enfants ont essayé de faire concurrence au filet avec leur canne à pêche improvisée mais il faut avouer que la pêche a été plus prolifique au filet.

Pierre à réussi à attraper un crapaud
Les petits poissons et les mamans avec des oeufs sont écartés pour une remise à l’eau à la fin

Au final, c’est une centaine de poissons qui seront préparés par la chaine de production improvisé et cuisinés directement dans la foulée sur le barbecue pour un repas collectif des frères et soeurs auquel nous n’avons pas participé car le repas était prévu à la maison des enfants.

Un peu d’activité sportive

Faute de pouvoir marcher en allant à l’école, nous remplaçons la marche par des footing matinaux pendant que les enfants s’occupent des animaux. Nous avons de la chance d’avoir un grand terrain qui nous permet un « grand tour » de 650 mètres…. Effectivement, à regarder le tracé on tourne bien en rond. Ce qui nous fait sourire, ce sont les petits papis qui nous demandent à la fin combien de tours nous faisons… mmmhhh, il doit y avoir des paris en jeux peut être…

Sur la table de la salle à manger, nous avons installé le filet de Ping Pong pour faire quelques échanges histoire de me remémorer mes 20 ans de ping pong. Ici, Pierre joue avec Juan Emmanuel, le fils de la cuisinière de la maison de retraite qui vit ici avec sa maman depuis la mise en place du confinement car travaillant avec les personnes âgées, il était impensable que sa maman puisse entrer et sortir chaque jour de la fondation.

… et artistique

Oui… un peu réduit… petite fatigue et pas mal de temps sur la traduction des devoirs des enfants le soir. Travail sur les fusions (toujours) et des essais plus ou moins concluant… mais ça me détend.

Le confinement prolongé au 11 mai, toujours au 31 mai pour les enfants

Comme en France, le président à annoncé une prolongation du confinement jusqu’au 11 mai. Pour nous cela ne change pas grand chose car de toute façon les enfants sont interdits de sortie jusqu’au 31 mai, encore plus d’un moi à tenir donc à la maison, en espérant qu’il n’y ai pas encore de prolongement…

Un magnifique arc en ciel cette semaine

Nous avons immortalisé cette semaine en photo ce double arc en ciel dont la puissance que vous pouvez un peu voir sur la photo nous a impressionné. Par rapport à ceux que nous avons l’habitude de voir en France et que nous avions déjà vu ici, celui ci étant vraiment impressionnant et super beau.

Les devoirs et les activités en famille se passent bien. Nous apprécions toujours le lieu dans lequel nous vivons de part la verdure, les animaux, la grandeur… Nous sommes cependant confrontés à des difficultés relationnelles avec les enfants de la fondation qui nous amènent en permanence à faire la police. Le refus du travail avec Josselin, la violence à l’égard de nos enfants nous questionnent sur les valeurs que nous recherchions en faisant ce volontariat. Le cadre de vie est important pour nous et nous l’apprécions. Cependant, ça ne fait pas tout et nous prenons conscience de l’importance de certaines valeurs comme le respect des personnes, la non-violence, l’entraide, la notion de travail, le partage… et nous n’arrivons pas à les vivre avec la communauté. Josselin dans le cadre de l’école fait aux ados, a pu exprimer avec ses collègues le manque de cadre, de discipline… le fait qu’une collègue parte de la communauté impacte aussi la motivation et renforce la nécessité d’instaurer un cadre indispensable à une vie en communauté et une dynamique de travail. Mais finalement, ce projet… pourrait aussi bien être la conscience de l’évidence de nos valeurs qui forgent notre famille?

Nous sommes aussi confrontés à une toute autre réalité que nous nous étions imaginés avant de partir. Le confinement nous amène à modifier nos missions (voire à ne plus en avoir pour moi). Rien n’arrive sans son lot d’imprévus (dixit Pierreline). Le manque de projection amène au doute, et on pense à vous tous dans le monde dans cette même situation.

2 commentaires sur « Grosse pêche cette semaine et début des devoirs colombiens à la maison »

  1. Ce confinement est bien mis en place et bravo pour le maintien des cours. Effectivement la beauté du cadre dans lequel vous vivez ne suffit pas toujours…Vivre en accord avec ses valeurs est important. Et je vous souhaite de réussir à instaurer un cadre et du respect pour ces ados rebelles! Il doit être difficile de garder son calme face à ces comportements! Ce temps de confinement est clairement une pause forcée qui permet à chacun de faire le point, se recentrer et réfléchir à l’avant et l’après. Je pense que beaucoup ont pris conscience de certaines choses, de définir mieux son avenir. Enfin je l’espère. J’espère vraiment que l’après sera différent…En tout cas votre famille est toujours soudée et dans l’amour et c’est le plus important! Gardez vos valeurs, maintenez le cap, ça ira très bien.
    Et bravo pour les aquarelles, c’est très joli! j’ai toujours eu plus de mal avec l’aquarelle, pas le droit à l’erreur. La gouache, acrylique ou les pastels me laissaient plus libre😊
    Plein de bisous chez vous et belle semaine!

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    1. Merci Jessica pour tes messages, c’est un super complément que tu nous offre à chaque fois pour nous permettre une belle prise de recul. Ce confinement comme tu le dis, nous permet de vivre simplement tous les 5 et de regarder nos enfants rire, s’amuser, s’occuper des animaux… Et de discuter avec Joss pour confirmer l’importance de nos valeurs. Je suis complètement d’accord avec toi sur l’espérance du changement de l’après.
      Je ne savais pas que tu touchais aux couleurs (sur toiles ;)) ça me plairait de voir cela.
      Les valises m’ont limitée à l’aquarelle … acrylique et pastels sont restées à mouilleron…
      On vous embrasse bien chez vous et à bientôt
      Anne

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